
"Notre chère Congrégation en laquelle chacun des sujets qui la composeront doit, selon leur dessein, avoir toujours la plénitude du Saint Esprit dans le cœur, fait profession d'être une congrégation du plus pur et parfait amour."
Père Médaille : Lettre sur le Petit Dessein
"Par notre union à Dieu, l'humilité et la charité, nous tendons à réaliser le désir du Père Médaille : que son Petit Dessein devienne l'instrument de la "double union totale des hommes entre eux et avec Dieu."
Lettre Eucharistique
NOUVELLE EQUIPE DE DIRECTION GENERALE
Supérieure générale : Sr. Marie Pierre Nadiaye.
Assistante générale : Sr. Tessy Thekkedath.
Conseillère générale : Sr. Lizzie Thomas.
Conseillère générale : Sr. Deepa Koturu.
Conseillère générale : Sr. Jackie Bianquinch.
Congrégation Sœurs de Saint Joseph d’Annecy
10 Place au Bois, 74000 Annecy, France
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Sœur Hélène Marie
Le 5 juillet 1929, à Cordon, nait Lydie, - Sr Hèlène Marie - 4e enfant d’un foyer d’agriculteurs. Très vite, le malheur s’abat sur la famille. Le papa meurt d’une pneumonie. Il a 52 ans, Lydie 3 mois, Les autres enfants 12, 7 et 3 ans. La maman, aidée de son fils de 12 ans, continue le travail de la ferme. Il faut bien que la famille vive. Hélas, 5 ans plus tard, c’est la maman qui décède. On confie les 2 dernières fillettes à des tantes. Pendant plus d’un mois, Lydie reste enfermée dans son chagrin. Elle si gaie habituellement, toujours une chanson aux lèvres, ne parle plus. Triste ! Bloquée ! Enfin, et au bout d’un mois, au grand soulagement de tante Hélène, elle fredonne une chansonnette.
Lydie et Eva grandissent ensemble. L’école est à 3 km. L’hiver, il faut brasser la neige. 6 km chaque jour. Mais elles ont l’essentiel : la chaleur d’un foyer.
A 18 ans, Lydie va travailler à l’hôpital de Sallanches pendant 1 an. Elle en garde quelques rudes souvenirs mais toujours attendris par l’affectueuse présence de Sr Françoise Anthonie et Mère Pauline. Elle entre au noviciat en 1948. Elle a 19 ans. Sitôt prononcés ses premiers vœux, elle est envoyée au pensionnat St Joseph de Monthey. Rude dépaysement ! Elle s’acclimate avec peine. L’arrivée de Sr Monique Dentand avec qui elle a fait son noviciat l’aide à trouver ses racines. Pendant 69 ans, à l’exemple de Marie et Joseph qu’elle aime beaucoup, elle va se dépenser dans des travaux humbles et faciles : ménage, aide à la cuisine, souci des emplois et des employés, courses à la migros …
Et puis, tout à coup, une grande faille au milieu de cette vie bien réglée : une agression en 2002, des séquelles dans le dos et les jambes. De là, son souci accru de portes bien fermées, de verrous tirés etc… Un peu plus tard, une malencontreuse chute en ville lui vaut une fracture de la jambe, son point faible.
Mais au milieu de tout cela demeurent des échappées sur le bleu du ciel : retours à la maison paternelle de Cordon qu’elle ne cesse d’admirer, visite de son neveu prêtre, Régis, de sa sœur Eva, trésor de dévouement ; de ses neveux Alexandre, Océane et tous les autres ; joie de chanter d’une voix bien timbrée pour Dieu, pour la Communauté.
Après 69 ans d’humbles travaux, elle est accueillie au Grand Chêne en 2019. Elle reste profondément attachée à sa famille, participe à tous les évènements. Les liens sont réciproques. En témoignent les nombreuses photos qui ornent sa chambre. Les derniers mois sont difficiles. La peur de mourir fait peu à peu place au désir de partir. Elle n’a jamais accepté sa dépendance et se montre un peu exigeante. Mais elle est bien entourée par le personnel, les Sœurs. Sr Marie Philomène est près d’elle pour recevoir son dernier soupir.
Gloire à Dieu pour cette vie d’humbles services !
Sœur Anne Félicie
Sœur Anne Félicie est l’ainée d’une fratrie de 8 enfants : 7 filles, 1 garçon. Elle est née à Chilly dans une petite ferme. La pauvreté matérielle est largement compensée par l’affection qui soude parents et enfants. N’est-ce pas la vraie richesse ? A la déclaration de la guerre 14-18, le père doit partir, laissant sa jeune épouse avec 3 enfants. Il est démobilisé à la naissance du 4e. Sr Anne Félicie est de santé fragile durant sa petite enfance. 3 km pour aller à l’école. Long trajet surtout en hiver. Sr Anne Félicie rappelle ce jour où la neige inattendue est tombée pendant plusieurs heures. Les chaussures s’enfoncent dans l’épaisse couche, pénètre dans les souliers. Elle les enlève et rentre en courant à la maison, pieds nus. La scolarité primaire achevée, elle suit les cours d’école ménagère pendant 1 an. Pour aider ses parents, elle part travailler chez une tante dans un petit hôtel. Ce premier départ de la famille lui est très douloureux. Elle rencontre Sr Anne Thérèse qui lui propose un travail à l’hôpital. Elle est enchantée. Elle débute en salle d’opération : désinfection des instruments d’opération, lessive, nettoyage … le dimanche, elle participe à des réunions d’ACO -action catholique ouvrière. Elle voit vivre les sœurs, aime prier. L’appel se précise peu à peu après une rencontre avec la Supérieure générale, Mère Louis Joseph et la lettre d’une tante qui lui écrit : »Jésus est le seul véritable Ami ». Elle ne regrettera jamais sa décision d’entrer au noviciat à « 17 ans et 8 mois » précise-t-elle. Elle a aimé sa période de formation religieuse. On l’envoie ensuite à l’hôpital de St Julien, service médecine. On lui confie assez vite des tâches d’aide soignante. Le médecin responsable du service l’initie aux soins élémentaires : prise de sang, tension etc.… elle a la fibre de l’infirmière. Elle se prépare à l’examen d’entrée qu’elle réussit sans problème. On lui confie très tôt des responsabilités dans différents services. Elle aime tout spécialement la pédiatrie. Elle s’épanouit dans ce travail tout tournée vers les autres.Voici ce qu’elle confie en 2017, « Ce soir, je ressens une immense sentiment d’action de grâce et de reconnaissance envers Dieu, notre Père. J’ai envie de chanter : « le Seigneur fit pour moi des merveilles. Saint est son nom. D’une bergère de Chilly, il a fait une femme heureuse, consacrée à son service ; en mission pour son Amour auprès de ses frères malades et malheureux. Merci, Seigneur pour tout. »
Elle confie encore : « J’invoquais tous les soirs mon ange gardien. Je priais le Saint Esprit le matin, quand je partais pour les stages. Je comptais sur le Seigneur. »
Sr Anne Félicie a travaillé 34 ans à l’hôpital St Julien ; 2 ans à Evian, soignante à domicile, 3 années au début de l’ouverture du Grand Chêne. En plus des soins aux malades, elle assume diverses responsabilités dans la Congrégation : plusieurs fois responsables de Communautés, 2 mandats de conseillères provinciales, 10 ans à la REPSA, sœurs professionnelles de la santé.
En 2004, le temps de la retraite professionnelle est arrivé mais pas celui de son service auprès de ses sœurs. Elle excelle dans l’accueil à la porterie, toujours avec le sourire, s’informe de nos familles. Elle n’oublie jamais d’envoyer un mot plein de cordialité pour la fête des sœurs. A la suite d’une 1ere attaque, elle perd l’usage de la main droite. Avec courage, elle utilise la main gauche et poursuit sa correspondance. En 2007, c’est le retrait définitif et la croix se fait plus lourde ; Oh combien ! Nouvelle attaque. Elle perd l’usage de la parole. Malgré tous ses efforts, elle ne peut articuler la moindre syllabe. Quelle Croix pour elle et pour nous ! Mais elle ne se replie pas sur elle-même. Elle va à la rencontre des sœurs, les visite dans leur chambre. Elle participe aux séances de gymnastique.
Sœur Anne Félicie, vous nous quittez le 3 janvier à 91ans : un long chemin au cours duquel vous avez durement peiné mais aussi chanté les merveilles accomplies par le Père dans votre vie. Avec vous, nous chantons notre reconnaissance et nous vous disons : A bientôt ! Vous continuez à aider, à aimer la famille dans laquelle vous êtes née et votre famille religieuse. Vous serez là avec votre beau sourire pour nous accueillir. Au revoir ! En Dieu, Pur Amour dont vous avez été un lumineux reflet au cours de votre vie.