Sœur Hélène Marie
Le 5 juillet 1929, à Cordon, nait Lydie, - Sr Hèlène Marie - 4e enfant d’un foyer d’agriculteurs. Très vite, le malheur s’abat sur la famille. Le papa meurt d’une pneumonie. Il a 52 ans, Lydie 3 mois, Les autres enfants 12, 7 et 3 ans. La maman, aidée de son fils de 12 ans, continue le travail de la ferme. Il faut bien que la famille vive. Hélas, 5 ans plus tard, c’est la maman qui décède. On confie les 2 dernières fillettes à des tantes. Pendant plus d’un mois, Lydie reste enfermée dans son chagrin. Elle si gaie habituellement, toujours une chanson aux lèvres, ne parle plus. Triste ! Bloquée ! Enfin, et au bout d’un mois, au grand soulagement de tante Hélène, elle fredonne une chansonnette.
Lydie et Eva grandissent ensemble. L’école est à 3 km. L’hiver, il faut brasser la neige. 6 km chaque jour. Mais elles ont l’essentiel : la chaleur d’un foyer.
A 18 ans, Lydie va travailler à l’hôpital de Sallanches pendant 1 an. Elle en garde quelques rudes souvenirs mais toujours attendris par l’affectueuse présence de Sr Françoise Anthonie et Mère Pauline. Elle entre au noviciat en 1948. Elle a 19 ans. Sitôt prononcés ses premiers vœux, elle est envoyée au pensionnat St Joseph de Monthey. Rude dépaysement ! Elle s’acclimate avec peine. L’arrivée de Sr Monique Dentand avec qui elle a fait son noviciat l’aide à trouver ses racines. Pendant 69 ans, à l’exemple de Marie et Joseph qu’elle aime beaucoup, elle va se dépenser dans des travaux humbles et faciles : ménage, aide à la cuisine, souci des emplois et des employés, courses à la migros …
Et puis, tout à coup, une grande faille au milieu de cette vie bien réglée : une agression en 2002, des séquelles dans le dos et les jambes. De là, son souci accru de portes bien fermées, de verrous tirés etc… Un peu plus tard, une malencontreuse chute en ville lui vaut une fracture de la jambe, son point faible.
Mais au milieu de tout cela demeurent des échappées sur le bleu du ciel : retours à la maison paternelle de Cordon qu’elle ne cesse d’admirer, visite de son neveu prêtre, Régis, de sa sœur Eva, trésor de dévouement ; de ses neveux Alexandre, Océane et tous les autres ; joie de chanter d’une voix bien timbrée pour Dieu, pour la Communauté.
Après 69 ans d’humbles travaux, elle est accueillie au Grand Chêne en 2019. Elle reste profondément attachée à sa famille, participe à tous les évènements. Les liens sont réciproques. En témoignent les nombreuses photos qui ornent sa chambre. Les derniers mois sont difficiles. La peur de mourir fait peu à peu place au désir de partir. Elle n’a jamais accepté sa dépendance et se montre un peu exigeante. Mais elle est bien entourée par le personnel, les Sœurs. Sr Marie Philomène est près d’elle pour recevoir son dernier soupir.
Gloire à Dieu pour cette vie d’humbles services !